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IA : une croissance annuelle de 50% d’ici 2025, ça vous intéresse ?

Le marché de l’intelligence artificielle (IA) aurait de quoi faire saliver n’importe qui, selon des données venant de la France et des USA. Le marché de l’IA pour les applications en entreprise est estimé à plus de 36 milliards $ d’ici à 2025, contre 643 millions $ en 2016, selon une étude récente du cabinet d’analyse Tractica. C’est-à-dire un potentiel de croissance de plus de 50% par an. Ajoutez-y le potentiel du marché du « data analytics » et on arrive à une estimation de 70 milliards $ en 2021, ici selon une étude de Merrill Lynch.

Plusieurs gouvernements sont déjà très proactifs pour attirer la manne sur leur territoire :

  • La Corée du Sud a récemment annoncé un plan IA avec 800 millions d’euros sur la table sur cinq ans. Un centre de recherche national y sera créé sous la forme d’un partenariat public-privé.
  • La Chine, depuis mai 2016, a dévoilé un programme de trois ans comprenant la construction de plateformes pour l’innovation. Dans le cadre de son plan Internet+ un fonds spécifique IA de 140 millions d’euros a été mis à la disposition de l’Académie des sciences de Chine. En juillet 2017, le gouvernement à Pékin a aussi annoncé son intention de faire de la Chine le pays numéro un de l’intelligence artificielle d’ici 2030 avec un marché national de 150 milliards $US.
  • Au Japon, l’ouverture en 2016 de deux nouveaux centres de recherche en IA fondamentale et appliquée impliquant des investissements respectifs de 57 et 157 millions d’euros  témoignent de l’intérêt du gouvernement à Tokyo.
  • La France compte une plateforme en ligne pour son initiative « France is AI » : www.franceisai.com
  • Ailleurs en Europe, il est intéressant de noter que le 16 février 2017, par 396 voix pour, 123 contre et 85 abstentions, le Parlement européen avait adopté un rapport préconisant de créer « au plus vite » un cadre juridique européen pour les robots.
  • Au Canada, la ville de Montréal se construit une réputation de « 1er carrefour mondial de l’IA », notamment grâce à la présence de grands noms de la R&D en la matière : Yoshua Bengio, Hugo Larochelle, et d’investissements par les gros noms de l’industrie : Google, Microsoft (acquisition de Maluula en janvier 2017), Facebook, qui y installent des centres de recherche dédiés à l’intelligence artificielle.

Le gouvernement du Québec a aussi annoncé, en mai 2017, qu’il investirait 100 millions $ canadiens au cours des cinq prochaines années afin de créer, autour de Montréal, une grappe québécoise en IA. Un petit mois plus tard, en juin, l’entreprise montréalaise Element AI, co-fondée par le chercher Y. Bengio, Jean-François Gagné et Nicolas Chapados (en impliquant Real Ventures), annonçait, elle, avoir obtenue pas moins de 137,5 M$ pour financer ses activités. Elle s’investira donc massivement dans des projets internationaux d’envergure et deviendra probablement le leader canadien de l’IA pour un bon bout de temps.

D’autres starts-up du domaine, à Montréal, sont aussi des noms à surveiller : Automat, Fluent AI et Imagia.

Par ailleurs, Jonathan Gaudrault, professeur de génie informatique à l’Université Laval, a exposé pourquoi il fallait, selon-lui, prendre sérieusement les prétentions de Montréal de se faire leader mondial en IA :

  • Présence de la matière première essentielle (main-d’oeuvre qualifiée et bassin de compagnies manufacturières diversifiée);
  • Assise solide en génie et IA;
  • Bonne culture d’intrapreneurship;
  • Tradition d’interdisciplinarité dans la recherche;
  • Bonne collaboration entre les acteurs.

Le professeur-chercheur Gaudrault était alors conférencier à l’invitation d’un des centres de recherche de l’Institut des hautes études internationales de l’Université Laval, en collaboration avec le ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, dans le cadre des 50 ans de la création de ce dernier, lors du colloque « L’avenir économique du Québec : de la Révolution industrielle à la Révolution numérique », tenu à Québec, le 10 octobre 2017.

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Intelligence artificielle : l’humain commence déjà à perdre le contrôle des ordinateurs

La nouvelle n’a probablement pas fait le chemin jusqu’à vos oreilles. Et ce n’est pas parce que des ordinateurs auront fait obstacle ou censure… Ils ont fait bien pis ! Deux intelligences artificielles (IA), dont des superordinateurs, ont récemment réussi à communiquer (banal !)… dans une langue indéchiffrable par l’homme (wow !) Oui, l’humain n’y a vu que du feu et rien de compréhensible. C’est le début de la perte de contrôle des ordinateurs pour la race humaine. 2016 : une date à marquer d’une pierre noire.

L’affaire nous arrive de chez Google Brain, le programme de recherche en intelligence artificielle de Google. Une histoire certes étonnante, mais surtout inquiétante. Que deux ordinateurs soient parvenus à communiquer entre eux dans une langue qu’ils avaient eux-mêmes créée, et au surplus qui demeure une langue indéchiffrable par l’homme, a énormément de quoi nous inquiéter.

Si dans le cadre de la recherche sur le Deep Learning – la manière dont des ordinateurs peuvent évoluer de façon autonome grâce à des algorithmes -, le programme de recherche en intelligence artificielle Google Brain vient de franchir une étape concluante, le fait que les chercheurs n’en maîtrisent pas la finalité devient un contre-résultat fort préoccupant.

On leur donne déjà des prénoms d’humains!

Ceux-ci sont parvenus à faire communiquer deux IA (Alice et Bob) entre elles, alors qu’une troisième (Ève) avait pour but d’intercepter leurs communications. Alors qu’ils n’avaient mis aucun algorithme spécifique en place, les chercheurs constatèrent tout de même que « Alice » et « Bob » ont sécurisé leurs communications par le biais d’un chiffrement qu’ils avaient eux-mêmes développé. Si « Ève » est parvenue à intercepter certaines communications, la majorité d’entre elles sont restées indéchiffrables.

Évidemment, ce n’est qu’un début. Alors imaginons les suites… Un futur avec des intelligences artificielles (IA) qui pourront être capables de communiquer dans un langage unique que nous ne pourrons peut-être pas déchiffrer. Que nous ne pourrons plus contrôler.

Au-delà de Partnership on AI

La source de cet article nous rappelle à juste titre que Bill Gates, comme Stephen Hawking qui décrit l’intelligence artificielle comme « soit la meilleure soit la pire chose jamais arrivée à l’humanité », ou Elon Musk nous ont mis en garde contre les éventuels dangers de l’évolution des IA à l’avenir.

On apprend aussi qu’Amazon, Facebook, IBM, Microsoft ainsi que Google ont créé le groupement Partnership on AI  qui est destiné à mettre en commun leurs avancées et leurs réflexions face aux risques potentiels de leurs découvertes. Mais Google comme les quatre autres sont-ils assez loin du conflit d’intérêt pour aller véritablement au fond des choses?

Il faudra bien plus que Partnership on AI  pour rassurer l’humanité.

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