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Lancement 2 sept : la nouvelle Fédération des chefs d’entreprises reçoit Jean Charest

L’économie du Québec gagne une nouvelle organisation, qui animera et participera à son développement, avec la Fédération des chefs d’entreprises du Québec, la Fedceq. Un lunch midi-conférence viendra marquer officiellement le lancement de ses activités, le 2 septembre 2025, à Québec, avec un conférencier de haute marque en la personne d’un ex premier ministre québécois, M. Jean Charest.

Il fallait un événement à la fois autant pertinent que percutant, et les vents de face provoqués par le président Trump depuis son retour à la Maison-Blanche pouvaient à raison inspirer les fondateurs de la Fedceq. On a donc su convaincre l’avocat Jean Charest de venir s’exprimer publiquement sur une thématique des relations Québec–États-Unis : bâtir des ponts économiques dans un monde de redéfinitions.

DES ANNÉES DE PRÉPARATION

La Fédération des chefs d’entreprises du Québec est une initiative qui se prépare depuis déjà quelques années, puisque son site internet est actif depuis environ deux ans. De fait, la Fedceq existe depuis mai 2021, car Pierre Drapeau l’a fondée et immatriculée cette année-là. Et une inscription gratuite à son bulletin électronique (infolettre) a permis de regrouper des milliers de gens d’affaires de toutes les régions du Québec, faisant que la machine est déjà bien en marche. L’événement de lancement du 2 septembre servira aussi de moment de dévoilement des « Ambassadeurs régionaux ».

On veut que chaque région soit représentée par un ambassadeur. Cet ambassadeur prendra en compte les préoccupations propres à sa région, pourra réunir les acteurs de la société civile de son territoire respectif et créer un comité régional en ce sens. Au total, 17 comités seront formés, un pour chaque région administrative québécoise.

Son « Bureau des Gouverneurs » doit aussi être dévoilé.

La Fédération veut prioritairement se mettre au service des plus petites entreprises, au sein des PME du Québec. C’est que son principal instigateur en connaît long sur le développement d’une entreprise. Pierre Drapeau a trois décennies de service pour la cause de la croissance économique du Québec, notamment dans l’esprit du développement de l’entrepreneuriat. Directeur général de l’Association des Centre Locaux de Développement du Québec (1999–2003), éditeur-fondateur de journaux économiques (2006–2015) et PDG-cofondateur de Naval Québec (2017–2025), c’est aussi depuis 2021 qu’il présidait, patiemment, la mise en place de la Fédération des chefs d’entreprise du Québec. Depuis juin, il s’y investit à temps plein et heureux comme un poisson dans l’eau. Un grand rêve va se réaliser…

«Je veux que cette organisation-là soit totalement libre… donner une voix différente aux dizaines de milliers de chefs de petites entreprises de toutes les régions du Québec», promet Pierre Drapeau.

DE GROS NOMS ACCOMPAGNERONT JEAN CHAREST

Bien fier d’offrir une conférence exceptionnelle avec Jean Charest au podium, M. Drapeau est aussi en mesure de confirmer que les gens d’affaires qui se déplaceront à l’Hôtel Le Bonne Entente, le 2 septembre 2025, pourront également échanger avec des personnalités venues des USA pour l’occasion.

Dans le contexte actuel de tensions tarifaires, de renégociations commerciales et de repositionnements stratégiques, quels sont les leviers à la disposition des entreprises québécoises pour consolider leur présence aux États-Unis ? Jean Charest partagera son expérience au sein du Conseil sur les relations canado-américaines et proposera des pistes d’action pour mieux anticiper, influencer et réussir dans ce marché incontournable. En janvier 2025, M. Charest a été nommé au Conseil sur les relations canado-américaines lancé par le premier ministre du Canada. Il est également membre du comité directeur du Conseil commercial Canada-ÉU créé par le secteur privé, pour collaborer sur l’enjeu des tarifs douaniers et de l’ACEUM (Accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique).

Mais la salle sera aussi enrichie par la présence de Joseph D. Kenney, un homme politique membre du Parti républicain qui représente le district 1 du Conseil exécutif de l’État du New Hampshire, ainsi que de la présence de Benoit L. Lamontagne, de la Division du développement économique du ministère des Affaires commerciales et économiques de l’État du New Hampshire.

Du côté québécois, Pablo Rodriguez, le nouveau chef du Parti Libéral du Québec (PLQ) et Sam Hamad, ancien ministre et candidat à la mairie de la Ville de Québec pour l’élection de novembre 2025, seront notamment présents.

Et l’on en apprendra probablement davantage sur les projets de missions commerciales au Canada et aux États-Unis, que la Fedceq veut offrir à ses membres rapidement.

CONFÉRENCE
de M. Jean Charest
Québec–États-Unis : bâtir des ponts économiques dans un monde de redéfinitions
Mardi 2 septembre 2025 Hôtel Le Bonne Entente, Québec
Accueil dès 11 h | Diner-conférence dès 12h
Inscription : 250 $ (plus taxes)
Lien pour inscription : https://fedceq.com/quebec-etats-unis-batir-des-ponts-economiques-dans-un-monde-de-redefinitions/

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Une nouvelle voix pour les chefs d’entreprises

Les embarcations de l’IML : une opportunité méconnue en maintenance navale au Québec

Ces années-ci, presque toute l’attention du Québec maritime va vers la manne des prochains brise-glaces à construire, essentiellement via le chantier de Lévis en face de Québec. Mais nous avons découvert que les entreprises actives en maintenance et réparation de plus petits navires ne doivent pas négliger de regarder ailleurs. Notamment du côté de Mont-Joli, dans le bas Saint-Laurent, à quelques kilomètres à l’est de Rimouski.

L’IML, c’est l’Institut Maurice-Lamontagne, avec quelque 300 personnes qui y travaillent, dans deux grands secteurs d’activité : les sciences des océans et la gestion des écosystèmes aquatiques. Ouvert en 1987, l’institut fait partie du réseau des centres de recherche de Pêches et Océans Canada. Internationalement reconnu, l’IML est de plus un des principaux centres francophones de recherche en sciences de la mer au monde. On y trouve donc une masse critique significative d’équipements de navigation et de recherche scientifique.

Petit tour du proprio

C’est la Garde côtière canadienne (GCC) qui opère, sur place à Mont-Joli, un atelier d’entretien de petites embarcations à l’Institut Maurice-Lamontage. Trois départements permettent ainsi d’assurer le niveau de service requis pour le maintien de ces navires : une équipe d’ingénierie électronique, une équipe d’ingénierie navale et une équipe de la flotte. C’est la GCC qui procure donc les types d’embarcations qui se trouvent à l’IML au Canada. Ils sont tous construits au Canada, par des chantiers navals et constructeurs canadiens, mais on doit aussi voir à leur maintenance.

Plusieurs types d’embarcations permettent d’y desservir les programmes des Sciences, de Conservation et Protection et de la GCC. Et il importe de remarquer que chaque embarcation est conçue pour répondre aux besoins spécifiques des programmes. Par exemple, pour le programme des Sciences, les embarcations peuvent être adaptées pour des relevées hydrographiques, des opérations de plongée, de la pêches électriques, de l’échantillonnage de sédiment marin, etc.

En date du printemps 2025, voici une énumération distinctive et détaillée de la flotte gérée à l’IML :

  • Plusieurs petites embarcations entièrement gonflables pouvant être transportées dans une grande poche avec de petits hors-bords de 10 HP et moins. Elles sont très utiles pour les scientifiques souhaitant aller dans des secteurs à faible tirant d’eau et se déploient facilement sur les plages, lagunes, berges, etc. La dimension de ces embarcations varie de 2 m à 3,80 m de longueur. En tout, l’institut a 5 embarcations de ce type.
  • Plusieurs autres embarcations gonflables à coque rigide servant autant pour les scientifiques que les agents des pêches. Leur dimension varie de 5 m à 11 m. Les modèles de bateau sont des SRNMNautic and artZodiacZodiac HurricaneRosborought et Titan. En tout, l’institut a 31 embarcations de ce type.
  • Des embarcations à coque rigide telles que des Silver DolphinKanter marineLifetimerOutlaw eagleUma 17 et Samson S. Ils servent à des besoins très spécifiques de nature scientifique. En tout, l’institut a 8 embarcations de ce type.
  • L’institut a également 2 catamarans sondeurs de 12 m qui sont entretenus à l’IML.
  • Aussi 6 navires de recherche et sauvetage de 47 pi., qui sont opérés par ses stations de recherche et sauvetage du secteur Saint-Laurent.

Chaque hiver, ces 52 embarcations sont entreposées et entretenues par nos équipes de l’atelier de l’IML. De plus, les équipes sur place entretiennent plusieurs autres embarcations qui appartiennent à la GCC et qui servent pour les interventions des programmes d’Interventions environnementales et dangers maritimes, ainsi qu’à celles de l’Ingénierie maritime et civile. En fait, une autre source que nous avons trouvée mentionne que l’opportunité en maintenance de l’IML à Mont-Joli est globalement de l’ordre de 85 embarcations.

À savoir pour décider de soumissionner ou pas

Lorsqu’il est question de la maintenance de ces quelque 85 embarcations, on doit comprendre que l’on fait affaires avec le gouvernement du Canada. Autant la GCC, que l’IML, sont des constituants de leur ministère d’attache : Pêches et Océans Canada. Et la principale règle à savoir si votre entreprise s’intéresse à soumissionner sur un appel d’offre concernant l’Institut Maurice-Lamontagne, c’est de retenir que : si le contrat est inférieur à 40 000$ taxes incluses, l’affaire se négocie directement avec les gens à Mont-Joli; mais si le contrat s’élève à 40 000$ et plus, taxes incluses, l’affaire se gère via Services publics et Approvisionnement Canada.

Institut Maurice-Lamontagne
http://dfo-mpo.gc.ca

Le James Bond de Villeneuve sera une IA

L’illustre réalisateur cinématographique québécois Denis Villeneuve vient tout juste de s’entendre avec les nouveaux propriétaires des droits des célèbres films James Bond, que la question qui brûle maintenant toutes les lèvres est évidente : que fera Villeneuve de son personnage en vedette?

Plusieurs osent rêver que James devienne une Jane, mais une féminisation du personnage ne semble pas la première option sur laquelle il faille miser. Le combat féministe, voire trans, est évidemment bien noble. Ce n’est cependant pas à ce que l’on pense en analysant la filmographie du Québécois, qui se consacre présentement à terminer sa série sur Dune.

Denis Villeneuve est pour Hollywood une énorme valeur sûre pour un genre qu’il maîtrise parfaitement : la science-fiction. Vous direz que James Bond n’en est pas. Mais dites moi à qui vous penseriez si on voulait insuffler à la série des James Bond un vent de nouvelles technologies et de science futuriste dans l’air du temps? Oui, M. Villeneuve serait dans le haut de votre liste.

Faire de James Bond un robot, donc implicitement une intelligence artificielle (IA), permettrait à Denis Villeneuve de continuer de nager dans les eaux qu’il aime. Puis, humanoïde à souhait, son personnage pourrait tout autant continuer de charmer son auditoire. Ce mixe de genre le pousserait surtout à nous offrir une incontournable et pertinente réflexion sur l’avenir de l’humanité. Le « sur quoi » son film serait largement jugé.

Mais qui sait ce qui se passe en ce moment dans le bouillonnant cerveau de M. Villeneuve… Il faut encore attendre pour savoir ce que fera Villeneuve de son précieux personnage. Mais gageons que l’IA n’en sera pas loin!

Monde humain, monde virtuel

Dans « Thomas est amoureux », ce film de science fiction belge réalisé par Pierre-Paul Renders et sorti sur les grands écrans en 2000, une belle réflexion sur l’humanité mise en face des fantasmes du monde virtuel nous était offerte à partir de la vie d’un agoraphobe. Et c’était en l’an 2000!

Vingt-cinq ans plus tard, les enjeux de l’humanité face aux menaces de l’IA sont d’un tout autre ordre. Un ordre qui dépasse largement la vie humaine individuelle. C’est l’espèce humaine qui est globalement questionnée. L’homme, le robot, l’homme-robot. Que voulons-nous devenir?

Lire aussi :

Thomas est amoureux — Wikipédia

Crédit de la photo de la Une : image de l’affiche du film « Thomas est amoureux » en 2000.

Signature d’une Convention sur la création de l’Organisation internationale de médiation (IOMed)

Le contexte mondial n’est certes pas favorable à la gouvernance multilatérale des grands enjeux mondiaux. Mais ce n’est pas en restant les bras croisés, regardant les crises se dérouler, que l’entendaient les diplomates réunit à Hong Kong, le 30 mai 2025.

Ce jour-là, les représentants de 33 pays ont signé la convention sur place, en devenant les membres fondateurs. Pour la cérémonie de signature de la Convention sur la création de l’Organisation internationale de médiation (IOMed) des représentants de haut niveau de 85 pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Europe, ainsi que plusieurs organisations internationales étaient présents.

POURQUOI UNE IOMed?

Il faut voir la création de l’IOMed comme une action importante prise par le Sud global pour promouvoir la réforme et l’amélioration de la gouvernance mondiale. C’est, dans l’histoire des relations internationales, une initiative novatrice dans le domaine de l’état de droit international. L’action ne se déroulant pas par hasard à Hong Kong : elle démontre pleinement, selon Le Quotidien du peuple, « la responsabilité de la Chine de contribuer en matière de biens publics au développement mondial et au progrès avec la sagesse orientale ». 

À préciser, la création de l’IOMed incarne également les buts et principes de la Charte des Nations Unies. Mais elle veut fournir un important bien public juridique pour l’amélioration de la gouvernance mondiale. La médiation est effectivement une des méthodes prioritaires pour le règlement pacifique des différends internationaux, tel que l’énonce expressément l’Article 33 de la Charte des Nations Unies. Mais il n’existait pas, jusqu’à maintenant, d’organisation juridique intergouvernementale dans ce domaine.

Par la création de l’IOMed, on vise à combler cette lacune internationale. Le but étant de permettre la médiation sur les différends entre pays, entre pays et investisseurs étrangers, et les différends commerciaux internationaux sur la base du consentement volontaire des parties concernées.

À cette fin, l’IOMed rassemble l’essence des différents systèmes juridiques dans le monde, respecte les souhaits des parties et tire parti de ses avantages d’être plus flexible, économique, pratique et efficace. Il « complète » et « assure » une synergie avec les mécanismes de règlement des différends internationaux existants, tels que le sont le litige ou l’arbitrage.

AU-DELA DE L’ONU…

Cette initiative veut-elle aller au-delà des outils de l’ONU? Il est déjà acquis que le règlement des conflits par le dialogue et la médiation des différends par la négociation sont des valeurs communes, voire des aspirations universelles des grandes civilisations du monde entier. Mais même avec la création du système onusien dans les années 1940, il y a encore un océan entre la théorie et la réalité.

L’IOMed ne s’engage d’ailleurs pas dans l’arbitrage obligatoire. Mais veut offrir une plate-forme neutre, adhérant aux principes de participation volontaire, de prise de décisions sur un pied d’égalité et d’avantage mutuel, de respect des préoccupations raisonnables de toutes les parties, de poursuite de l’avantage mutuel et des résultats gagnants pour tous. En interprétant concrètement la sagesse de la coexistence pacifique. 

« L’IOMed est un bien public de gouvernance mondiale offert par les pays du Sud Global et apportera une contribution importante au maintien de l’équité et de la justice internationales », explique-t-on.

L’initiative vise à servir principalement les pays en développement (Asie, Afrique et Moyen-Orient). Cela permet à la Chine de se positionner comme un médiateur global et un fournisseur de biens publics internationaux, au même titre que les Nations Unies ou la Cour internationale de justice, mais avec ses propres normes et pratiques. Cependant, elle n’entre pas directement en concurrence avec les juridictions internationales comme la CIJ (Cour internationale de justice) ou le CIRDI (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements), puisqu’elle ne rend pas de jugements contraignants. Elle vient cependant concurrencer les forums d’arbitrage commercial, comme le SIAC (Singapore International Arbitration Centre) et le LCIA (London Court of International Arbitration).

Avec le temps, l’initiative pourrait introduire des normes et procédures alternatives face à l’Occident, mettant l’accent sur la médiation informelle, la non-confrontation et le respect mutuel, plus en ligne avec les valeurs diplomatiques chinoises. Et si la chose réussit, elle réduira la dépendance des pays du Sud à l’égard des juridictions occidentales, modifiant ainsi l’équilibre normatif global.

À suivre!

O.M.A. est une nouvelle association sans but lucratif qui propose ses services à toute entreprise ou institution nationale ou internationale qui aurait besoin d’intervenants pour l’aider à prévenir ou gérer des conflits.

À lire aussi :

https://www.mfa.gov.cn/fra/zxxx/202506/t20250601_11638479.html

Impact de la hausse du budget de la défense : le Québec à l’aube d’une transformation industrielle

L’annonce inattendue du nouveau premier ministre Mark Carney, confirmant une hausse de 9,3 milliards $ du budget de la défense pour l’exercice 2025-2026, marque un tournant historique pour le Canada, mais aussi pour le Québec, qui se positionne déjà pour tirer profit de cette manne fédérale. Cette décision, qui propulse sans délai les dépenses militaires canadiennes à 2 % du PIB du pays, répond à la pression de l’OTAN et s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, mais elle ouvre surtout la voie à des retombées économiques majeures, notamment pour la province de Québec.

Un plan d’investissement massif et ciblé

Le plan dévoilé par Ottawa vise à moderniser les Forces armées canadiennes, à réparer des équipements vieillissants et à diversifier les partenariats d’approvisionnement, en réduisant la dépendance envers les États-Unis. Sur les 9,3 milliards $ supplémentaires, une part significative sera allouée à la création de chaînes d’approvisionnement locales et à la stimulation de l’industrie canadienne de la défense.

Parmi les enveloppes annoncées :

  • 2,3 milliards $ pour le recrutement et la rétention du personnel militaire.
  • 2,1 milliards $ pour une stratégie d’approvisionnement axée sur l’industrie canadienne.
  • 2 milliards $ pour diversifier les partenariats militaires, notamment avec l’Europe.
  • 884 millions $ pour la réparation et l’entretien du matériel.
  • 560 millions $ pour renforcer les capacités numériques du ministère de la Défense.

Le Québec : une industrie de défense déjà bien positionnée

Le Québec, avec ses pôles industriels à Montréal, Québec et Sherbrooke, est déjà un acteur clé du secteur aérospatial, naval et des technologies de défense. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a d’ailleurs salué l’annonce comme une « occasion stratégique » pour la métropole et la province. La province abrite plusieurs entreprises de pointe, de la construction navale à l’électronique militaire, en passant par la cybersécurité et la fabrication de pièces aéronautiques. L’accent mis par Ottawa sur la fabrication locale et la revitalisation des infrastructures militaires offre aux entreprises québécoises une fenêtre inédite pour décrocher de nouveaux contrats, développer des partenariats et accroître leurs exportations.

Création d’emplois et retombées économiques directes

Selon les projections du gouvernement fédéral, ces investissements massifs devraient générer « des dizaines de milliers d’emplois bien rémunérés » à travers le pays. Le Québec, qui compte déjà une main-d’œuvre qualifiée dans les secteurs visés, pourrait capter une part substantielle de ces nouveaux emplois, tant dans la production que dans la recherche et le développement.

Les retombées ne se limiteront pas aux grands centres urbains. Les régions où sont implantées des bases militaires, des chantiers navals ou des usines d’assemblage bénéficieront d’une revitalisation économique, grâce à l’afflux de contrats pour la réparation, l’entretien et la modernisation des installations.

Effet d’entraînement sur l’innovation et la diversification

La stratégie fédérale prévoit également un investissement massif dans les capacités numériques et la cybersécurité, domaines où le Québec affiche une expertise croissante. Les universités, centres de recherche et PME technologiques de la province seront ainsi sollicités pour développer des solutions innovantes, tant pour les besoins militaires que pour les applications civiles.

La diversification des partenariats internationaux, notamment avec l’Europe, ouvre de nouveaux marchés pour les entreprises québécoises, qui pourront intégrer des chaînes de valeur mondiales et accéder à des programmes de recherche conjoints.

Le gouvernement du Québec à l’offensive

Le gouvernement Legault n’a pas tardé à réagir, multipliant les annonces et les démarches pour s’assurer que le Québec obtienne sa « part du gâteau » fédéral. Cette mobilisation vise à positionner la province comme un partenaire incontournable dans la mise en œuvre du plan de modernisation militaire, en valorisant son expertise industrielle et sa capacité d’innovation.

Défis et enjeux à surveiller

Si les perspectives sont prometteuses, plusieurs défis subsistent. La rapidité d’exécution exigée par Ottawa, la nécessité de former et de retenir une main-d’œuvre spécialisée, ainsi que la concurrence d’autres provinces et de partenaires étrangers, imposent au Québec de faire preuve d’agilité et de coordination.

Par ailleurs, cette hausse des dépenses militaires du Canada intervient dans un contexte de déficit budgétaire fédéral élevé, ce qui pourrait susciter des débats sur la répartition des ressources et la pérennité des investissements.

L’annonce de Mark Carney marque un changement de paradigme pour le Canada et pour le Québec. En misant sur la relance de l’industrie de la défense, la province se voit offrir un levier de croissance économique, de création d’emplois et d’innovation technologique. La clé du succès résidera dans la capacité des acteurs publics et privés à collaborer, à innover et à saisir les opportunités offertes par ce virage stratégique majeur.

Comme le souligne avec pertinence la Chambre de commerce de Montréal, « le rehaussement des dépenses militaires est une occasion stratégique pour le Québec et ses entreprises ». Reste maintenant à transformer cette promesse en retombées concrètes, pour que la province devienne un pilier de la souveraineté, de la sécurité et de la prospérité canadiennes dans les années à venir.

Comment le budget accru en défense profitera-t-il à l’économie québécoise ?

Plusieurs mécanismes permettront à la province d’en tirer profit, tant à court qu’à plus long terme.

Création d’emplois et dynamisation des entreprises

L’investissement massif dans la défense entraînera une hausse de la demande pour les entreprises québécoises actives dans les secteurs de l’aérospatiale, de l’électronique, de la cybersécurité, de la construction navale et des technologies avancées. Le Québec dispose déjà d’une main-d’œuvre qualifiée et d’entreprises bien positionnées pour répondre à ces besoins, ce qui favorisera la création de milliers d’emplois directs et indirects, notamment dans la fabrication, la recherche et le développement.

Stimulation de l’innovation et de la productivité

Le gouvernement du Québec mise sur l’innovation pour renforcer la compétitivité de ses entreprises. Les investissements fédéraux en défense stimuleront la recherche, l’innovation et la commercialisation de nouvelles technologies, grâce à des mesures fiscales avantageuses et à des programmes de soutien spécifiques. Cela permettra aux PME et aux grandes entreprises québécoises de moderniser leurs équipements, d’accroître leur productivité et de se positionner sur de nouveaux marchés, tant au Canada qu’à l’international.

Effet d’entraînement sur les infrastructures et les régions

L’augmentation des dépenses en défense s’accompagnera de contrats pour la construction, la rénovation et l’entretien d’infrastructures militaires, ce qui profitera aux régions où sont implantées des bases ou des installations stratégiques. Le Plan québécois des infrastructures, relevé à 164 milliards $, s’inscrit dans cette dynamique, contribuant à la vitalité économique régionale et à la création de richesse à long terme.

Diversification des marchés et réduction de la dépendance

Dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis, le Québec doit diversifier ses marchés et réduire sa dépendance à l’égard de son principal partenaire. Les investissements fédéraux en défense offriront de nouvelles occasions d’exportation et de collaboration avec d’autres provinces et partenaires internationaux, notamment européens, renforçant ainsi la résilience de l’économie québécoise.

Soutien gouvernemental et environnement d’affaires favorable

Le gouvernement du Québec accompagne cette transition par des mesures de soutien aux entreprises, notamment des aides financières, des incitatifs fiscaux et des investissements dans la formation de la main-d’œuvre. Ces actions visent à faciliter la réalisation de projets d’investissement, à accélérer la transformation numérique et à favoriser l’innovation dans les secteurs stratégiques.

En résumé, la hausse du budget de la défense profitera à l’économie québécoise en générant des emplois, en stimulant l’innovation, en dynamisant les régions et en favorisant la diversification des marchés. Ces retombées s’inscrivent dans une stratégie globale visant à renforcer la position concurrentielle du Québec sur l’échiquier mondial et à assurer une croissance durable dans un contexte économique incertain.

Quelles industries pourraient bénéficier le plus des investissements en défense et infrastructures ?

L’augmentation du budget fédéral pour la défense et les infrastructures aura des retombées majeures pour plusieurs secteurs industriels au Québec. Voici les principales industries qui pourraient en profiter le plus :

Aérospatiale et aéronautique
Le Québec, et particulièrement la région de Montréal, est déjà un pôle mondial de l’aérospatiale. Les investissements dans la modernisation et l’expansion des capacités militaires créeront une forte demande pour les constructeurs d’avions, d’hélicoptères, de drones et de systèmes embarqués. Ce secteur bénéficiera aussi de contrats liés à la maintenance, à la réparation et à la mise à niveau des flottes existantes.

Défense et armement
Les entreprises spécialisées dans la fabrication d’équipements militaires, de véhicules blindés, de systèmes d’armement, de radars et de capteurs seront en première ligne pour décrocher de nouveaux contrats. La stratégie fédérale vise à renforcer les liens avec l’industrie canadienne, ce qui favorisera les fournisseurs locaux et les entreprises québécoises actives dans ce secteur.

Électronique et cybersécurité
L’accent mis sur la transformation numérique des Forces armées canadiennes et la sécurisation des systèmes de défense profitera aux entreprises québécoises spécialisées en électronique, en technologies de l’information et en cybersécurité. Ce secteur, en pleine croissance, jouera un rôle clé dans le développement de solutions innovantes pour la défense nationale.

Construction et ingénierie
La rénovation, la modernisation et la construction de nouvelles infrastructures militaires généreront une forte demande pour les entreprises de construction, d’ingénierie civile, d’architecture et de gestion de projets. Les régions où sont situées des bases ou des installations stratégiques verront leur économie locale dynamisée par ces chantiers.

Recherche, développement et innovation
Les investissements en défense s’accompagnent d’un soutien accru à la recherche et à l’innovation, notamment dans les domaines des matériaux avancés, de l’intelligence artificielle, des communications sécurisées et des systèmes autonomes. Les universités, centres de recherche et PME technologiques du Québec seront sollicités pour participer à ces projets stratégiques.

Logistique, transport et maintenance
L’expansion des capacités militaires et des infrastructures entraînera une hausse des besoins en logistique, transport, stockage et maintenance des équipements. Les entreprises œuvrant dans ces secteurs bénéficieront de contrats pour soutenir les opérations militaires et l’entretien des installations.

En somme, les secteurs de l’aérospatiale, de la défense, de l’électronique, de la construction, de la recherche et de la logistique sont les mieux placés pour profiter des investissements en défense et infrastructures au Québec, avec des retombées économiques significatives et durables pour l’ensemble de la province.
Quelles opportunités d’emploi pourraient émerger grâce à ces investissements en défense et infrastructure ?

L’augmentation du budget de la défense au Canada et les investissements dans les infrastructures au Québec ouvriront la porte à de nombreuses opportunités d’emploi, tant dans le secteur public que privé. Voici les principaux domaines et types d’emplois qui pourraient émerger :

1. Recrutement et maintien du personnel militaire et civil
– Recrutement massif de membres des Forces armées canadiennes (FAC), avec un objectif d’atteindre 71 500 membres de la Force régulière et 30 000 réservistes d’ici 2030.
– Création de postes civils pour soutenir la préparation opérationnelle, l’entretien des flottes, la gestion des finances, l’approvisionnement, la sécurité, les affaires publiques, la transformation numérique et la gestion des infrastructures.

2. Construction, rénovation et entretien des infrastructures
– Emplois dans la construction, la réhabilitation et l’entretien des bases militaires, des centres de formation, des chantiers navals et des installations logistiques.
– Opportunités pour les ouvriers spécialisés (charpentiers, électriciens, plombiers), ingénieurs civils, gestionnaires de projets, architectes et techniciens en bâtiment.

3. Industrie de la défense et chaînes d’approvisionnement
– Postes dans la fabrication d’équipements militaires (aéronautique, électronique, véhicules blindés, systèmes de communication).
– Emplois dans la recherche et développement, l’innovation technologique, la cybersécurité et l’intelligence artificielle appliquées à la défense.
– Débouchés pour les techniciens, ingénieurs, analystes, gestionnaires de production et spécialistes en assurance qualité.

4. Effet d’entraînement sur les secteurs connexes
– Création d’emplois dans la fabrication de matériaux, le transport, la logistique, la maintenance industrielle et la gestion des déchets.
– Développement de PME locales autour des grands chantiers, stimulant l’économie régionale et favorisant l’emploi local.

5. Formation, innovation et développement durable
– Besoin accru de formateurs, de spécialistes en développement des compétences et de personnel dans les établissements d’enseignement et de formation technique.
– Emplois dans les secteurs de l’innovation verte, de l’efficacité énergétique et de la gestion durable des chantiers, en lien avec les exigences environnementales des nouveaux projets.

En résumé, la hausse des investissements en défense et en infrastructure au Québec générera des milliers d’emplois directs et indirects, dans des domaines variés allant de la construction à la haute technologie, en passant par la logistique et la formation. Ces opportunités contribueront à renforcer la vitalité économique des régions et à moderniser l’écosystème industriel québécois.

À lire aussi :

https://www.itcilo.org/fr/courses/creer-des-emplois-grace-des-investissements-inclusifs-dans-les-infrastructures

https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/nouvelles/2025/06/le-nouveau-gouvernement-du-canada-et-les-forces-armees-canadiennes–reconstruction-rearmement-et-reinvestissement.html

https://www.ledevoir.com/politique/canada/838849/comment-industrie-defense-prepare-elle-hausse-annoncee-budgets-militaires

https://www.cashbee.fr/the-interest/investir-dans-le-secteur-de-la-defense

https://getbux.com/fr/blog/investir-actions-defense-armement-bourse

https://www.morningstar.fr/fr/news/259886/3-actions-de-d%C3%A9fense-pour-parier-sur-le-supercycle-des-d%C3%A9penses-militaires-.aspx

https://www.ledevoir.com/politique/quebec/889315/francois-legault-attend-ce-quebec-recolte-part-importante-depenses-defense