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Lancement 2 sept : la nouvelle Fédération des chefs d’entreprises reçoit Jean Charest

L’économie du Québec gagne une nouvelle organisation, qui animera et participera à son développement, avec la Fédération des chefs d’entreprises du Québec, la Fedceq. Un lunch midi-conférence viendra marquer officiellement le lancement de ses activités, le 2 septembre 2025, à Québec, avec un conférencier de haute marque en la personne d’un ex premier ministre québécois, M. Jean Charest.

Il fallait un événement à la fois autant pertinent que percutant, et les vents de face provoqués par le président Trump depuis son retour à la Maison-Blanche pouvaient à raison inspirer les fondateurs de la Fedceq. On a donc su convaincre l’avocat Jean Charest de venir s’exprimer publiquement sur une thématique des relations Québec–États-Unis : bâtir des ponts économiques dans un monde de redéfinitions.

DES ANNÉES DE PRÉPARATION

La Fédération des chefs d’entreprises du Québec est une initiative qui se prépare depuis déjà quelques années, puisque son site internet est actif depuis environ deux ans. De fait, la Fedceq existe depuis mai 2021, car Pierre Drapeau l’a fondée et immatriculée cette année-là. Et une inscription gratuite à son bulletin électronique (infolettre) a permis de regrouper des milliers de gens d’affaires de toutes les régions du Québec, faisant que la machine est déjà bien en marche. L’événement de lancement du 2 septembre servira aussi de moment de dévoilement des « Ambassadeurs régionaux ».

On veut que chaque région soit représentée par un ambassadeur. Cet ambassadeur prendra en compte les préoccupations propres à sa région, pourra réunir les acteurs de la société civile de son territoire respectif et créer un comité régional en ce sens. Au total, 17 comités seront formés, un pour chaque région administrative québécoise.

Son « Bureau des Gouverneurs » doit aussi être dévoilé.

La Fédération veut prioritairement se mettre au service des plus petites entreprises, au sein des PME du Québec. C’est que son principal instigateur en connaît long sur le développement d’une entreprise. Pierre Drapeau a trois décennies de service pour la cause de la croissance économique du Québec, notamment dans l’esprit du développement de l’entrepreneuriat. Directeur général de l’Association des Centre Locaux de Développement du Québec (1999–2003), éditeur-fondateur de journaux économiques (2006–2015) et PDG-cofondateur de Naval Québec (2017–2025), c’est aussi depuis 2021 qu’il présidait, patiemment, la mise en place de la Fédération des chefs d’entreprise du Québec. Depuis juin, il s’y investit à temps plein et heureux comme un poisson dans l’eau. Un grand rêve va se réaliser…

«Je veux que cette organisation-là soit totalement libre… donner une voix différente aux dizaines de milliers de chefs de petites entreprises de toutes les régions du Québec», promet Pierre Drapeau.

DE GROS NOMS ACCOMPAGNERONT JEAN CHAREST

Bien fier d’offrir une conférence exceptionnelle avec Jean Charest au podium, M. Drapeau est aussi en mesure de confirmer que les gens d’affaires qui se déplaceront à l’Hôtel Le Bonne Entente, le 2 septembre 2025, pourront également échanger avec des personnalités venues des USA pour l’occasion.

Dans le contexte actuel de tensions tarifaires, de renégociations commerciales et de repositionnements stratégiques, quels sont les leviers à la disposition des entreprises québécoises pour consolider leur présence aux États-Unis ? Jean Charest partagera son expérience au sein du Conseil sur les relations canado-américaines et proposera des pistes d’action pour mieux anticiper, influencer et réussir dans ce marché incontournable. En janvier 2025, M. Charest a été nommé au Conseil sur les relations canado-américaines lancé par le premier ministre du Canada. Il est également membre du comité directeur du Conseil commercial Canada-ÉU créé par le secteur privé, pour collaborer sur l’enjeu des tarifs douaniers et de l’ACEUM (Accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique).

Mais la salle sera aussi enrichie par la présence de Joseph D. Kenney, un homme politique membre du Parti républicain qui représente le district 1 du Conseil exécutif de l’État du New Hampshire, ainsi que de la présence de Benoit L. Lamontagne, de la Division du développement économique du ministère des Affaires commerciales et économiques de l’État du New Hampshire.

Du côté québécois, Pablo Rodriguez, le nouveau chef du Parti Libéral du Québec (PLQ) et Sam Hamad, ancien ministre et candidat à la mairie de la Ville de Québec pour l’élection de novembre 2025, seront notamment présents.

Et l’on en apprendra probablement davantage sur les projets de missions commerciales au Canada et aux États-Unis, que la Fedceq veut offrir à ses membres rapidement.

CONFÉRENCE
de M. Jean Charest
Québec–États-Unis : bâtir des ponts économiques dans un monde de redéfinitions
Mardi 2 septembre 2025 Hôtel Le Bonne Entente, Québec
Accueil dès 11 h | Diner-conférence dès 12h
Inscription : 250 $ (plus taxes)
Lien pour inscription : https://fedceq.com/quebec-etats-unis-batir-des-ponts-economiques-dans-un-monde-de-redefinitions/

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Une nouvelle voix pour les chefs d’entreprises

Les embarcations de l’IML : une opportunité méconnue en maintenance navale au Québec

Ces années-ci, presque toute l’attention du Québec maritime va vers la manne des prochains brise-glaces à construire, essentiellement via le chantier de Lévis en face de Québec. Mais nous avons découvert que les entreprises actives en maintenance et réparation de plus petits navires ne doivent pas négliger de regarder ailleurs. Notamment du côté de Mont-Joli, dans le bas Saint-Laurent, à quelques kilomètres à l’est de Rimouski.

L’IML, c’est l’Institut Maurice-Lamontagne, avec quelque 300 personnes qui y travaillent, dans deux grands secteurs d’activité : les sciences des océans et la gestion des écosystèmes aquatiques. Ouvert en 1987, l’institut fait partie du réseau des centres de recherche de Pêches et Océans Canada. Internationalement reconnu, l’IML est de plus un des principaux centres francophones de recherche en sciences de la mer au monde. On y trouve donc une masse critique significative d’équipements de navigation et de recherche scientifique.

Petit tour du proprio

C’est la Garde côtière canadienne (GCC) qui opère, sur place à Mont-Joli, un atelier d’entretien de petites embarcations à l’Institut Maurice-Lamontage. Trois départements permettent ainsi d’assurer le niveau de service requis pour le maintien de ces navires : une équipe d’ingénierie électronique, une équipe d’ingénierie navale et une équipe de la flotte. C’est la GCC qui procure donc les types d’embarcations qui se trouvent à l’IML au Canada. Ils sont tous construits au Canada, par des chantiers navals et constructeurs canadiens, mais on doit aussi voir à leur maintenance.

Plusieurs types d’embarcations permettent d’y desservir les programmes des Sciences, de Conservation et Protection et de la GCC. Et il importe de remarquer que chaque embarcation est conçue pour répondre aux besoins spécifiques des programmes. Par exemple, pour le programme des Sciences, les embarcations peuvent être adaptées pour des relevées hydrographiques, des opérations de plongée, de la pêches électriques, de l’échantillonnage de sédiment marin, etc.

En date du printemps 2025, voici une énumération distinctive et détaillée de la flotte gérée à l’IML :

  • Plusieurs petites embarcations entièrement gonflables pouvant être transportées dans une grande poche avec de petits hors-bords de 10 HP et moins. Elles sont très utiles pour les scientifiques souhaitant aller dans des secteurs à faible tirant d’eau et se déploient facilement sur les plages, lagunes, berges, etc. La dimension de ces embarcations varie de 2 m à 3,80 m de longueur. En tout, l’institut a 5 embarcations de ce type.
  • Plusieurs autres embarcations gonflables à coque rigide servant autant pour les scientifiques que les agents des pêches. Leur dimension varie de 5 m à 11 m. Les modèles de bateau sont des SRNMNautic and artZodiacZodiac HurricaneRosborought et Titan. En tout, l’institut a 31 embarcations de ce type.
  • Des embarcations à coque rigide telles que des Silver DolphinKanter marineLifetimerOutlaw eagleUma 17 et Samson S. Ils servent à des besoins très spécifiques de nature scientifique. En tout, l’institut a 8 embarcations de ce type.
  • L’institut a également 2 catamarans sondeurs de 12 m qui sont entretenus à l’IML.
  • Aussi 6 navires de recherche et sauvetage de 47 pi., qui sont opérés par ses stations de recherche et sauvetage du secteur Saint-Laurent.

Chaque hiver, ces 52 embarcations sont entreposées et entretenues par nos équipes de l’atelier de l’IML. De plus, les équipes sur place entretiennent plusieurs autres embarcations qui appartiennent à la GCC et qui servent pour les interventions des programmes d’Interventions environnementales et dangers maritimes, ainsi qu’à celles de l’Ingénierie maritime et civile. En fait, une autre source que nous avons trouvée mentionne que l’opportunité en maintenance de l’IML à Mont-Joli est globalement de l’ordre de 85 embarcations.

À savoir pour décider de soumissionner ou pas

Lorsqu’il est question de la maintenance de ces quelque 85 embarcations, on doit comprendre que l’on fait affaires avec le gouvernement du Canada. Autant la GCC, que l’IML, sont des constituants de leur ministère d’attache : Pêches et Océans Canada. Et la principale règle à savoir si votre entreprise s’intéresse à soumissionner sur un appel d’offre concernant l’Institut Maurice-Lamontagne, c’est de retenir que : si le contrat est inférieur à 40 000$ taxes incluses, l’affaire se négocie directement avec les gens à Mont-Joli; mais si le contrat s’élève à 40 000$ et plus, taxes incluses, l’affaire se gère via Services publics et Approvisionnement Canada.

Institut Maurice-Lamontagne
http://dfo-mpo.gc.ca

Le James Bond de Villeneuve sera une IA

L’illustre réalisateur cinématographique québécois Denis Villeneuve vient tout juste de s’entendre avec les nouveaux propriétaires des droits des célèbres films James Bond, que la question qui brûle maintenant toutes les lèvres est évidente : que fera Villeneuve de son personnage en vedette?

Plusieurs osent rêver que James devienne une Jane, mais une féminisation du personnage ne semble pas la première option sur laquelle il faille miser. Le combat féministe, voire trans, est évidemment bien noble. Ce n’est cependant pas à ce que l’on pense en analysant la filmographie du Québécois, qui se consacre présentement à terminer sa série sur Dune.

Denis Villeneuve est pour Hollywood une énorme valeur sûre pour un genre qu’il maîtrise parfaitement : la science-fiction. Vous direz que James Bond n’en est pas. Mais dites moi à qui vous penseriez si on voulait insuffler à la série des James Bond un vent de nouvelles technologies et de science futuriste dans l’air du temps? Oui, M. Villeneuve serait dans le haut de votre liste.

Faire de James Bond un robot, donc implicitement une intelligence artificielle (IA), permettrait à Denis Villeneuve de continuer de nager dans les eaux qu’il aime. Puis, humanoïde à souhait, son personnage pourrait tout autant continuer de charmer son auditoire. Ce mixe de genre le pousserait surtout à nous offrir une incontournable et pertinente réflexion sur l’avenir de l’humanité. Le « sur quoi » son film serait largement jugé.

Mais qui sait ce qui se passe en ce moment dans le bouillonnant cerveau de M. Villeneuve… Il faut encore attendre pour savoir ce que fera Villeneuve de son précieux personnage. Mais gageons que l’IA n’en sera pas loin!

Monde humain, monde virtuel

Dans « Thomas est amoureux », ce film de science fiction belge réalisé par Pierre-Paul Renders et sorti sur les grands écrans en 2000, une belle réflexion sur l’humanité mise en face des fantasmes du monde virtuel nous était offerte à partir de la vie d’un agoraphobe. Et c’était en l’an 2000!

Vingt-cinq ans plus tard, les enjeux de l’humanité face aux menaces de l’IA sont d’un tout autre ordre. Un ordre qui dépasse largement la vie humaine individuelle. C’est l’espèce humaine qui est globalement questionnée. L’homme, le robot, l’homme-robot. Que voulons-nous devenir?

Lire aussi :

Thomas est amoureux — Wikipédia

Crédit de la photo de la Une : image de l’affiche du film « Thomas est amoureux » en 2000.

Signature d’une Convention sur la création de l’Organisation internationale de médiation (IOMed)

Le contexte mondial n’est certes pas favorable à la gouvernance multilatérale des grands enjeux mondiaux. Mais ce n’est pas en restant les bras croisés, regardant les crises se dérouler, que l’entendaient les diplomates réunit à Hong Kong, le 30 mai 2025.

Ce jour-là, les représentants de 33 pays ont signé la convention sur place, en devenant les membres fondateurs. Pour la cérémonie de signature de la Convention sur la création de l’Organisation internationale de médiation (IOMed) des représentants de haut niveau de 85 pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Europe, ainsi que plusieurs organisations internationales étaient présents.

POURQUOI UNE IOMed?

Il faut voir la création de l’IOMed comme une action importante prise par le Sud global pour promouvoir la réforme et l’amélioration de la gouvernance mondiale. C’est, dans l’histoire des relations internationales, une initiative novatrice dans le domaine de l’état de droit international. L’action ne se déroulant pas par hasard à Hong Kong : elle démontre pleinement, selon Le Quotidien du peuple, « la responsabilité de la Chine de contribuer en matière de biens publics au développement mondial et au progrès avec la sagesse orientale ». 

À préciser, la création de l’IOMed incarne également les buts et principes de la Charte des Nations Unies. Mais elle veut fournir un important bien public juridique pour l’amélioration de la gouvernance mondiale. La médiation est effectivement une des méthodes prioritaires pour le règlement pacifique des différends internationaux, tel que l’énonce expressément l’Article 33 de la Charte des Nations Unies. Mais il n’existait pas, jusqu’à maintenant, d’organisation juridique intergouvernementale dans ce domaine.

Par la création de l’IOMed, on vise à combler cette lacune internationale. Le but étant de permettre la médiation sur les différends entre pays, entre pays et investisseurs étrangers, et les différends commerciaux internationaux sur la base du consentement volontaire des parties concernées.

À cette fin, l’IOMed rassemble l’essence des différents systèmes juridiques dans le monde, respecte les souhaits des parties et tire parti de ses avantages d’être plus flexible, économique, pratique et efficace. Il « complète » et « assure » une synergie avec les mécanismes de règlement des différends internationaux existants, tels que le sont le litige ou l’arbitrage.

AU-DELA DE L’ONU…

Cette initiative veut-elle aller au-delà des outils de l’ONU? Il est déjà acquis que le règlement des conflits par le dialogue et la médiation des différends par la négociation sont des valeurs communes, voire des aspirations universelles des grandes civilisations du monde entier. Mais même avec la création du système onusien dans les années 1940, il y a encore un océan entre la théorie et la réalité.

L’IOMed ne s’engage d’ailleurs pas dans l’arbitrage obligatoire. Mais veut offrir une plate-forme neutre, adhérant aux principes de participation volontaire, de prise de décisions sur un pied d’égalité et d’avantage mutuel, de respect des préoccupations raisonnables de toutes les parties, de poursuite de l’avantage mutuel et des résultats gagnants pour tous. En interprétant concrètement la sagesse de la coexistence pacifique. 

« L’IOMed est un bien public de gouvernance mondiale offert par les pays du Sud Global et apportera une contribution importante au maintien de l’équité et de la justice internationales », explique-t-on.

L’initiative vise à servir principalement les pays en développement (Asie, Afrique et Moyen-Orient). Cela permet à la Chine de se positionner comme un médiateur global et un fournisseur de biens publics internationaux, au même titre que les Nations Unies ou la Cour internationale de justice, mais avec ses propres normes et pratiques. Cependant, elle n’entre pas directement en concurrence avec les juridictions internationales comme la CIJ (Cour internationale de justice) ou le CIRDI (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements), puisqu’elle ne rend pas de jugements contraignants. Elle vient cependant concurrencer les forums d’arbitrage commercial, comme le SIAC (Singapore International Arbitration Centre) et le LCIA (London Court of International Arbitration).

Avec le temps, l’initiative pourrait introduire des normes et procédures alternatives face à l’Occident, mettant l’accent sur la médiation informelle, la non-confrontation et le respect mutuel, plus en ligne avec les valeurs diplomatiques chinoises. Et si la chose réussit, elle réduira la dépendance des pays du Sud à l’égard des juridictions occidentales, modifiant ainsi l’équilibre normatif global.

À suivre!

O.M.A. est une nouvelle association sans but lucratif qui propose ses services à toute entreprise ou institution nationale ou internationale qui aurait besoin d’intervenants pour l’aider à prévenir ou gérer des conflits.

À lire aussi :

https://www.mfa.gov.cn/fra/zxxx/202506/t20250601_11638479.html

Le nouveau pape Léon XIV : un exemple moteur pour les affaires québécoises

Le nouveau maître du Vatican est d’origines italo-franco-espanole… natif des USA; et il fonctionne à travers une demi-douzaine de langues. On peut y voir facilement un bel exemple de ce qu’amène la richesse de la pluralité. Faisons un pas de plus en portant un regard gestionnaire sur la richesse de la pluralité, à la lumière d’exemples du Québec.

Au Québec, la question des origines et de la diversité culturelle est souvent abordée avec sensibilité, car elle touche à l’identité collective et à la projection de cette société dans l’avenir, riche de quatre siècles de luttes comme Francophonie minoritaire survivante en Amérique mais toujours insécure. Pourtant, dans le monde des affaires comme dans la vie communautaire, la pluralité des racines – qu’elle soit issue de l’immigration récente ou de la diversité des souches plus anciennes – se révèle être un moteur puissant d’innovation, d’adaptabilité et de réussite économique. Des exemples inspirants, tant sur la scène internationale que le contexte locale, démontrent que miser sur la diversité, c’est investir dans la prospérité.

Exemple inspirant : le pape Léon XIV et la force de la diversité

L’élection du pape Léon XIV, né Robert Francis Prevost, illustre bien la force de la diversité. Né à Chicago d’un père franco-italien et d’une mère espagnole, il a vécu et travaillé aux États-Unis, au Pérou, en Italie, et parle couramment cinq langues. Ce parcours témoigne indubitablement de la capacité à fédérer autour de valeurs universelles; à comprendre les enjeux locaux tout en gardant une perspective globale.

Dans le monde des affaires, cette polyvalence linguistique et culturelle permet de bâtir des ponts, d’anticiper les besoins de clientèles variées et d’innover.

Québécois de souches multiples : une richesse à valoriser

Ici, commençons d’abord par clarifier cette idée : l’idée qui parle souvent des « Québécois de souche » comme d’un bloc homogène! Alors que la réalité est bien plus nuancée. Le Québec est, par essence, par sa géographie, par son histoire, un carrefour de cultures.

Les Québécois qui, nés sur le territoire de parents venus d’ailleurs, grandissant à la croisée de plusieurs mondes, développent des qualités précieuses : ouverture, capacité d’adaptation, multilinguisme, et une compréhension fine des dynamiques interculturelles. Cette richesse se traduit souvent par une aptitude à naviguer entre différentes réalités, à bâtir des ponts, voire à innover en s’inspirant de plusieurs traditions.

Les gestionnaires et entrepreneurs qui reconnaissent et valorisent ces atouts se donnent un avantage concurrentiel indéniable.

Plusieurs entreprises québécoises
incarnent la diversité

Au Québec, plusieurs entreprises ont compris que la diversité n’est pas qu’un enjeu social, mais une stratégie d’affaires gagnante.

Olymel : la diversité comme ADN de la réussite

Olymel, leader québécois de la transformation de viande, emploie plus de 15 000 personnes issues de plus de 50 nationalités. L’entreprise a misé sur la diversité dès ses débuts, d’abord en recrutant des talents de différentes régions, puis en ouvrant ses portes aux travailleurs immigrants. Cette stratégie a permis à Olymel de répondre à ses besoins en main-d’œuvre qualifiée et de s’adapter à la démographie du Québec. La diversité y est aujourd’hui considérée comme une force structurante, une pratique d’ailleurs reconnue par le prix Maurice Pollack 2020 pour l’inclusion.

Desjardins : reconnaître les compétences d’ailleurs

La Caisse Desjardins du Centre-nord de Montréal s’est démarquée en mettant en place des mesures concrètes pour reconnaître les équivalences de formation et les expériences acquises à l’étranger. Cette politique favorise l’intégration professionnelle des nouveaux arrivants et valorise les compétences de tous, peu importe leur parcours. En révisant les positionnements salariaux pour refléter cette reconnaissance, Desjardins démontre aussi que l’inclusion enrichit l’organisation et son capital humain.

Jean Duceppe : la scène au service de la diversité

Dans le secteur culturel, la compagnie de théâtre Jean Duceppe s’illustre par ses auditions ouvertes à des talents issus de la diversité. Son projet de laboratoires vise à démocratiser l’accès au théâtre et à favoriser le dialogue. Cette démarche permet à l’organisation de renouveler son public, d’enrichir sa programmation et de mieux refléter la pluralité de la société québécoise.

La diversité, moteur d’innovation et de performance

Les études sont formelles : la diversité culturelle au sein des équipes favorise la créativité, stimule l’innovation et améliore la performance globale des organisations. Un brassage d’expériences, de compétences et de points de vue permet de générer des idées nouvelles, d’éviter les angles morts et de mieux répondre aux besoins d’une clientèle de plus en plus diversifiée.

Selon la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, les entreprises inclusives génèrent en moyenne 1,4 fois plus de revenus par employé et affichent une meilleure capacité d’adaptation face au changement. Message fondamental à retenir : les milieux inclusifs attirent des profils variés et motivent les employés à s’investir durablement dans l’organisation.

Le défi de la reconnaissance et de l’intégration

Mais il y a encore une longue route à faire… Malgré ces avantages, le marché du travail québécois ne reflète pas encore pleinement la diversité de sa population. Trop souvent, les immigrants ou les personnes issues de l’immigration sont sous-employés, leurs qualifications et expériences acquises à l’étranger étant insuffisamment reconnues. Pour tirer pleinement parti de la richesse de cette diversité, il reste essentiel que les organisations reconnaissent ces compétences, puis créent des environnements inclusifs où chaque voix compte.

Car le potentiel pour une identité québécoise à la fois plurielle et plus prospère est bien réel. Moult exemples démontrent que la diversité n’est pas une contrainte, mais une ressource précieuse.

Miser sur des Québécois de souches différentes, c’est s’ouvrir à un monde d’opportunités, renforcer sa capacité d’innovation et bâtir une société plus inclusive et prospère. Et les entreprises qui font ce pari aujourd’hui seront les leaders de demain, capables de rayonner.

Sur un ton plus philosophe, gardons toujours en tête qu’en affaires, comme en pastorale, la diversité est une promesse : celle d’un Québec capable d’accueillir, d’intégrer et de valoriser les talents venus de toutes les « souches » – pourvu que chacun y mette du sien, dans le respect et la collaboration.

Lire aussi :

https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-05/leon-xiv-nouveau-pape.html