Tous les articles par Daniel Allard

Depuis 1997, Daniel Allard a co-fondé et dirige le cyberjournal CommerceMonde.com. En 2013, il fit de même avec l'Association des sociétés québécoises cotées en Bourse, organisant notamment le Gala annuel des sociétés en Bourse (2008 à 2015). Le développement de l'équipe de LiNNOVarium.com est son actuelle priorité.

Lancement 2 sept : la nouvelle Fédération des chefs d’entreprises reçoit Jean Charest

L’économie du Québec gagne une nouvelle organisation, qui animera et participera à son développement, avec la Fédération des chefs d’entreprises du Québec, la Fedceq. Un lunch midi-conférence viendra marquer officiellement le lancement de ses activités, le 2 septembre 2025, à Québec, avec un conférencier de haute marque en la personne d’un ex premier ministre québécois, M. Jean Charest.

Il fallait un événement à la fois autant pertinent que percutant, et les vents de face provoqués par le président Trump depuis son retour à la Maison-Blanche pouvaient à raison inspirer les fondateurs de la Fedceq. On a donc su convaincre l’avocat Jean Charest de venir s’exprimer publiquement sur une thématique des relations Québec–États-Unis : bâtir des ponts économiques dans un monde de redéfinitions.

DES ANNÉES DE PRÉPARATION

La Fédération des chefs d’entreprises du Québec est une initiative qui se prépare depuis déjà quelques années, puisque son site internet est actif depuis environ deux ans. De fait, la Fedceq existe depuis mai 2021, car Pierre Drapeau l’a fondée et immatriculée cette année-là. Et une inscription gratuite à son bulletin électronique (infolettre) a permis de regrouper des milliers de gens d’affaires de toutes les régions du Québec, faisant que la machine est déjà bien en marche. L’événement de lancement du 2 septembre servira aussi de moment de dévoilement des « Ambassadeurs régionaux ».

On veut que chaque région soit représentée par un ambassadeur. Cet ambassadeur prendra en compte les préoccupations propres à sa région, pourra réunir les acteurs de la société civile de son territoire respectif et créer un comité régional en ce sens. Au total, 17 comités seront formés, un pour chaque région administrative québécoise.

Son « Bureau des Gouverneurs » doit aussi être dévoilé.

La Fédération veut prioritairement se mettre au service des plus petites entreprises, au sein des PME du Québec. C’est que son principal instigateur en connaît long sur le développement d’une entreprise. Pierre Drapeau a trois décennies de service pour la cause de la croissance économique du Québec, notamment dans l’esprit du développement de l’entrepreneuriat. Directeur général de l’Association des Centre Locaux de Développement du Québec (1999–2003), éditeur-fondateur de journaux économiques (2006–2015) et PDG-cofondateur de Naval Québec (2017–2025), c’est aussi depuis 2021 qu’il présidait, patiemment, la mise en place de la Fédération des chefs d’entreprise du Québec. Depuis juin, il s’y investit à temps plein et heureux comme un poisson dans l’eau. Un grand rêve va se réaliser…

«Je veux que cette organisation-là soit totalement libre… donner une voix différente aux dizaines de milliers de chefs de petites entreprises de toutes les régions du Québec», promet Pierre Drapeau.

DE GROS NOMS ACCOMPAGNERONT JEAN CHAREST

Bien fier d’offrir une conférence exceptionnelle avec Jean Charest au podium, M. Drapeau est aussi en mesure de confirmer que les gens d’affaires qui se déplaceront à l’Hôtel Le Bonne Entente, le 2 septembre 2025, pourront également échanger avec des personnalités venues des USA pour l’occasion.

Dans le contexte actuel de tensions tarifaires, de renégociations commerciales et de repositionnements stratégiques, quels sont les leviers à la disposition des entreprises québécoises pour consolider leur présence aux États-Unis ? Jean Charest partagera son expérience au sein du Conseil sur les relations canado-américaines et proposera des pistes d’action pour mieux anticiper, influencer et réussir dans ce marché incontournable. En janvier 2025, M. Charest a été nommé au Conseil sur les relations canado-américaines lancé par le premier ministre du Canada. Il est également membre du comité directeur du Conseil commercial Canada-ÉU créé par le secteur privé, pour collaborer sur l’enjeu des tarifs douaniers et de l’ACEUM (Accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique).

Mais la salle sera aussi enrichie par la présence de Joseph D. Kenney, un homme politique membre du Parti républicain qui représente le district 1 du Conseil exécutif de l’État du New Hampshire, ainsi que de la présence de Benoit L. Lamontagne, de la Division du développement économique du ministère des Affaires commerciales et économiques de l’État du New Hampshire.

Du côté québécois, Pablo Rodriguez, le nouveau chef du Parti Libéral du Québec (PLQ) et Sam Hamad, ancien ministre et candidat à la mairie de la Ville de Québec pour l’élection de novembre 2025, seront notamment présents.

Et l’on en apprendra probablement davantage sur les projets de missions commerciales au Canada et aux États-Unis, que la Fedceq veut offrir à ses membres rapidement.

CONFÉRENCE
de M. Jean Charest
Québec–États-Unis : bâtir des ponts économiques dans un monde de redéfinitions
Mardi 2 septembre 2025 Hôtel Le Bonne Entente, Québec
Accueil dès 11 h | Diner-conférence dès 12h
Inscription : 250 $ (plus taxes)
Lien pour inscription : https://fedceq.com/quebec-etats-unis-batir-des-ponts-economiques-dans-un-monde-de-redefinitions/

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Une nouvelle voix pour les chefs d’entreprises

Le James Bond de Villeneuve sera une IA

L’illustre réalisateur cinématographique québécois Denis Villeneuve vient tout juste de s’entendre avec les nouveaux propriétaires des droits des célèbres films James Bond, que la question qui brûle maintenant toutes les lèvres est évidente : que fera Villeneuve de son personnage en vedette?

Plusieurs osent rêver que James devienne une Jane, mais une féminisation du personnage ne semble pas la première option sur laquelle il faille miser. Le combat féministe, voire trans, est évidemment bien noble. Ce n’est cependant pas à ce que l’on pense en analysant la filmographie du Québécois, qui se consacre présentement à terminer sa série sur Dune.

Denis Villeneuve est pour Hollywood une énorme valeur sûre pour un genre qu’il maîtrise parfaitement : la science-fiction. Vous direz que James Bond n’en est pas. Mais dites moi à qui vous penseriez si on voulait insuffler à la série des James Bond un vent de nouvelles technologies et de science futuriste dans l’air du temps? Oui, M. Villeneuve serait dans le haut de votre liste.

Faire de James Bond un robot, donc implicitement une intelligence artificielle (IA), permettrait à Denis Villeneuve de continuer de nager dans les eaux qu’il aime. Puis, humanoïde à souhait, son personnage pourrait tout autant continuer de charmer son auditoire. Ce mixe de genre le pousserait surtout à nous offrir une incontournable et pertinente réflexion sur l’avenir de l’humanité. Le « sur quoi » son film serait largement jugé.

Mais qui sait ce qui se passe en ce moment dans le bouillonnant cerveau de M. Villeneuve… Il faut encore attendre pour savoir ce que fera Villeneuve de son précieux personnage. Mais gageons que l’IA n’en sera pas loin!

Monde humain, monde virtuel

Dans « Thomas est amoureux », ce film de science fiction belge réalisé par Pierre-Paul Renders et sorti sur les grands écrans en 2000, une belle réflexion sur l’humanité mise en face des fantasmes du monde virtuel nous était offerte à partir de la vie d’un agoraphobe. Et c’était en l’an 2000!

Vingt-cinq ans plus tard, les enjeux de l’humanité face aux menaces de l’IA sont d’un tout autre ordre. Un ordre qui dépasse largement la vie humaine individuelle. C’est l’espèce humaine qui est globalement questionnée. L’homme, le robot, l’homme-robot. Que voulons-nous devenir?

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Thomas est amoureux — Wikipédia

Crédit de la photo de la Une : image de l’affiche du film « Thomas est amoureux » en 2000.

Le nouveau pape Léon XIV : un exemple moteur pour les affaires québécoises

Le nouveau maître du Vatican est d’origines italo-franco-espanole… natif des USA; et il fonctionne à travers une demi-douzaine de langues. On peut y voir facilement un bel exemple de ce qu’amène la richesse de la pluralité. Faisons un pas de plus en portant un regard gestionnaire sur la richesse de la pluralité, à la lumière d’exemples du Québec.

Au Québec, la question des origines et de la diversité culturelle est souvent abordée avec sensibilité, car elle touche à l’identité collective et à la projection de cette société dans l’avenir, riche de quatre siècles de luttes comme Francophonie minoritaire survivante en Amérique mais toujours insécure. Pourtant, dans le monde des affaires comme dans la vie communautaire, la pluralité des racines – qu’elle soit issue de l’immigration récente ou de la diversité des souches plus anciennes – se révèle être un moteur puissant d’innovation, d’adaptabilité et de réussite économique. Des exemples inspirants, tant sur la scène internationale que le contexte locale, démontrent que miser sur la diversité, c’est investir dans la prospérité.

Exemple inspirant : le pape Léon XIV et la force de la diversité

L’élection du pape Léon XIV, né Robert Francis Prevost, illustre bien la force de la diversité. Né à Chicago d’un père franco-italien et d’une mère espagnole, il a vécu et travaillé aux États-Unis, au Pérou, en Italie, et parle couramment cinq langues. Ce parcours témoigne indubitablement de la capacité à fédérer autour de valeurs universelles; à comprendre les enjeux locaux tout en gardant une perspective globale.

Dans le monde des affaires, cette polyvalence linguistique et culturelle permet de bâtir des ponts, d’anticiper les besoins de clientèles variées et d’innover.

Québécois de souches multiples : une richesse à valoriser

Ici, commençons d’abord par clarifier cette idée : l’idée qui parle souvent des « Québécois de souche » comme d’un bloc homogène! Alors que la réalité est bien plus nuancée. Le Québec est, par essence, par sa géographie, par son histoire, un carrefour de cultures.

Les Québécois qui, nés sur le territoire de parents venus d’ailleurs, grandissant à la croisée de plusieurs mondes, développent des qualités précieuses : ouverture, capacité d’adaptation, multilinguisme, et une compréhension fine des dynamiques interculturelles. Cette richesse se traduit souvent par une aptitude à naviguer entre différentes réalités, à bâtir des ponts, voire à innover en s’inspirant de plusieurs traditions.

Les gestionnaires et entrepreneurs qui reconnaissent et valorisent ces atouts se donnent un avantage concurrentiel indéniable.

Plusieurs entreprises québécoises
incarnent la diversité

Au Québec, plusieurs entreprises ont compris que la diversité n’est pas qu’un enjeu social, mais une stratégie d’affaires gagnante.

Olymel : la diversité comme ADN de la réussite

Olymel, leader québécois de la transformation de viande, emploie plus de 15 000 personnes issues de plus de 50 nationalités. L’entreprise a misé sur la diversité dès ses débuts, d’abord en recrutant des talents de différentes régions, puis en ouvrant ses portes aux travailleurs immigrants. Cette stratégie a permis à Olymel de répondre à ses besoins en main-d’œuvre qualifiée et de s’adapter à la démographie du Québec. La diversité y est aujourd’hui considérée comme une force structurante, une pratique d’ailleurs reconnue par le prix Maurice Pollack 2020 pour l’inclusion.

Desjardins : reconnaître les compétences d’ailleurs

La Caisse Desjardins du Centre-nord de Montréal s’est démarquée en mettant en place des mesures concrètes pour reconnaître les équivalences de formation et les expériences acquises à l’étranger. Cette politique favorise l’intégration professionnelle des nouveaux arrivants et valorise les compétences de tous, peu importe leur parcours. En révisant les positionnements salariaux pour refléter cette reconnaissance, Desjardins démontre aussi que l’inclusion enrichit l’organisation et son capital humain.

Jean Duceppe : la scène au service de la diversité

Dans le secteur culturel, la compagnie de théâtre Jean Duceppe s’illustre par ses auditions ouvertes à des talents issus de la diversité. Son projet de laboratoires vise à démocratiser l’accès au théâtre et à favoriser le dialogue. Cette démarche permet à l’organisation de renouveler son public, d’enrichir sa programmation et de mieux refléter la pluralité de la société québécoise.

La diversité, moteur d’innovation et de performance

Les études sont formelles : la diversité culturelle au sein des équipes favorise la créativité, stimule l’innovation et améliore la performance globale des organisations. Un brassage d’expériences, de compétences et de points de vue permet de générer des idées nouvelles, d’éviter les angles morts et de mieux répondre aux besoins d’une clientèle de plus en plus diversifiée.

Selon la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, les entreprises inclusives génèrent en moyenne 1,4 fois plus de revenus par employé et affichent une meilleure capacité d’adaptation face au changement. Message fondamental à retenir : les milieux inclusifs attirent des profils variés et motivent les employés à s’investir durablement dans l’organisation.

Le défi de la reconnaissance et de l’intégration

Mais il y a encore une longue route à faire… Malgré ces avantages, le marché du travail québécois ne reflète pas encore pleinement la diversité de sa population. Trop souvent, les immigrants ou les personnes issues de l’immigration sont sous-employés, leurs qualifications et expériences acquises à l’étranger étant insuffisamment reconnues. Pour tirer pleinement parti de la richesse de cette diversité, il reste essentiel que les organisations reconnaissent ces compétences, puis créent des environnements inclusifs où chaque voix compte.

Car le potentiel pour une identité québécoise à la fois plurielle et plus prospère est bien réel. Moult exemples démontrent que la diversité n’est pas une contrainte, mais une ressource précieuse.

Miser sur des Québécois de souches différentes, c’est s’ouvrir à un monde d’opportunités, renforcer sa capacité d’innovation et bâtir une société plus inclusive et prospère. Et les entreprises qui font ce pari aujourd’hui seront les leaders de demain, capables de rayonner.

Sur un ton plus philosophe, gardons toujours en tête qu’en affaires, comme en pastorale, la diversité est une promesse : celle d’un Québec capable d’accueillir, d’intégrer et de valoriser les talents venus de toutes les « souches » – pourvu que chacun y mette du sien, dans le respect et la collaboration.

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https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-05/leon-xiv-nouveau-pape.html

Tarifs Trump : comment des PME québécoises résistent avec le soutien des consommateurs locaux

La tempête tarifaire signée Donald J. Trump 2025 impose triplement l’instabilité : quand? quoi? combien de temps? La pire crainte du monde des affaires! Au Québec, une analyse des entreprises locales affectées par lesdites taxes fait ressortir des stratégies pour s’en sortir, avec l’appui du citoyen-consommateur. D’autant que la tempête prend des allures d’ouragan : des menaces de tarifs douaniers de 25 % imposés aux PME québécoises en poussent plusieurs à un carrefour critique.

Ces taxes, si elles étaient appliquées, fragiliseraient davantage un tissu économique déjà mis à rude épreuve par la concurrence internationale et une accumulation d’incertitudes géopolitiques. Mais comme cette terre est fertile pour le nationalisme économique, plusieurs trouvent, dans cette crise, une lueur d’espoir dans le soutien massif des consommateurs locaux. Une réaction qui pourrait bien devenir la clé de leur survie et de leur prospérité.

Dans cette crise, ce sont évidemment les secteurs exportateurs du Québec, notamment l’agroalimentaire, la technologie ou le manufacturier, qui deviennent particulièrement vulnérables. À la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, si ces tarifs devaient entrer en vigueur, on s’empresse vite de souligner le lourd poids des conséquences : nos produits deviendraient moins compétitifs sur le marché américain, principal débouché pour nos entreprises.

Mais la réalité serait encore pire, car à la hausse des prix pour les consommateurs aux États-Unis, il faut aussi ajouter la pression sur les marges et les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement transfrontalières comme autant de défis immédiats.

Face à tant de menaces, les PME québécoises ne doivent pas se résigner, et plusieurs de leurs dirigeants mobilisent leurs forces, innovent et, surtout, comptent sur un allié inattendu : le citoyen-consommateur. Parce que selon une étude récente, 86 % des Canadiens, mais 90 % des Québécois, considèrent qu’il est crucial – oui CRUCIAL! – de soutenir les petites entreprises locales. Et la majorité des consommateurs sont également prêts à faire un effort supplémentaire pour privilégier l’achat local. Étant motivés par le désir de soutenir leur communauté, de préserver des emplois et de renforcer leur autonomie économique.

Faut-il voir ce mouvement citoyen comme un simple acte de solidarité? Comme une réaction, passagère, qui ne durera pas? C’est ici qu’il importe que le chef d’entreprise perçoive bien ce mouvement citoyen, pour en faire une véritable stratégie de résilience pour nos PME. Il doit faire passer le message! En achetant local, les consommateurs participent à la création d’un cercle vertueux : ils contribuent à la stabilité économique de leur région, à la diversification des marchés et à la réduction de la dépendance aux marchés américains.

Un bon exemple, les marques de certification « Les Produits du Québec » jouent un rôle essentiel dans cette dynamique, en rassurant les consommateurs sur la provenance et la qualité des produits.

Trois marques de certification sont délivrées par LPDQ: Produit du Québec, Fabriqué au Québec et Conçu au Québec. En date du 10 mai 2024, plus de 160 manufacturiers ont obtenu l'une de ces trois marques, pour un total de plus de 64 000 produits certifiés.

Les initiatives gouvernementales peuvent aussi renforcer cette tendance. En mai 2024, à la suite d’un appel de projets lancé à l’automne 2023 pour promouvoir l’achat local partout au Québec, le Gouvernement du Québec a sélectionné 26 initiatives, auxquelles il accordait des aides totalisant plus de 9,2 millions de dollars. L’une d’entre elles, à réaliser par le Regroupement des Sociétés de développement commercial du Québec (RSDCQ), recevait ainsi 440 400 $, dans le cadre du volet A, pour promouvoir les produits vérifiés par LPDQ par l’entremise d’un programme numérique de fidélisation des consommateurs.

RÔLE CLÉ DES CONSOMMATEURS

Les citoyens-consommateurs jouent donc un rôle de levier dans la résilience des PME face à la hausse des coûts et à l’incertitude économique engendrée par d’importants tarifs douaniers. Et une majorité (66 %) font déjà un effort conscient pour privilégier ces commerces, plutôt que les grandes chaînes ou les plateformes en ligne internationales.

Le message à bien faire comprendre est celui d’une boucle vertueuse. En soutenant leurs commerces de proximité, les citoyens contribuent à maintenir la demande intérieure, à préserver des emplois et à limiter l’impact négatif des mesures protectionnistes externes. Et cette mobilisation citoyenne va au-delà du simple acte d’achat : elle encourage une relocalisation des circuits de production, favorise l’innovation locale et stimule la création d’emplois. En de telle période d’incertitude, la demande croissante pour les produits locaux peut aussi inciter les PME à diversifier leurs marchés, à investir dans des pratiques plus durables et à renforcer leur compétitivité face aux défis internationaux.

Finalement, la conscience collective autour de l’achat local s’inscrit dans une stratégie globale de souveraineté économique. En favorisant les produits locaux, les consommateurs participent activement à la réduction d’une dépendance aux marchés étrangers autant qu’à la consolidation d’un tissu économique résilient.

CRÉER DES « BOUCLES VERTUEUSES »

Selon une étude de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), chaque dollar dépensé dans une PME locale redistribue environ 0,66 $ dans l’économie régionale, contre seulement 0,11 $ lorsqu’il est investi dans une multinationale. Ce puissant phénomène de « boucle vertueuse » permet de soutenir directement la stabilité et la croissance des entreprises, en créant aussi un effet d’entraînement bénéfique pour l’ensemble du marché du travail.

Mais il y a moyen d’être très précis afin de donner une image convaincante de ce que peut représenter un mouvement fort d’achat local. Dans son texte d’opinion d’expert invité que publiait Les Affaires, le vice-président à la recherche et économiste en chef de la Banque de développement du Canada (BDC), Pierre Cléroux, met des chiffres très faciles à comprendre : « En 2024, le Canada a importé des biens de consommation américains d’une valeur totalisant 157 milliards $, soit environ 330$ par personne par mois. Or, si chaque personne au pays remplaçait seulement 25$ d’achats mensuels de produits importés par 25$ d’achats de produits canadiens (donc 100$ par mois pour une famille de 4 personnes), cela pourrait ajouter 0,7% à la croissance du PIB canadien cette année. »

« Le remplacement de produits américains par des produits canadiens, dans de telles proportions, entraînerait en effet une baisse de 7,5% des importations de biens de consommation, ou l’équivalent de 12 milliards $, qui seraient alors injectés directement dans l’économie d’ici. Sans compter qu’une telle portée permettrait du même coup de créer 60 000 emplois », continue M. Cléroux.

Wow! Ajouter 0,7% à la croissance du PIB annuel par une simple substitution de 25 $ d’achats par mois! Ces chiffres illustrent à quel point la relance d’une économie peut passer par une mobilisation collective en faveur des producteurs, artisans et commerçants locaux.

Une telle pédagogie économique vise à soutenir la résilience des chaînes d’approvisionnement et à encourager la consommation de produits locaux, contribuant ainsi à la souveraineté économique du Québec. Les PME québécoises, conscientes de leur importance pour l’économie locale, savent qu’elles ne peuvent pas compter que sur des mesures d’aide financière ou sur la diversification de leurs marchés. Leur véritable force réside pour beaucoup dans la solidarité de leurs communautés. D’autant plus si elles s’activent en conséquence et construisent cette force. Elles doivent faire passer le message… En choisissant d’acheter local, chaque citoyen devient un acteur de cette résistance économique, un partenaire dans la construction d’un avenir plus autonome et durable pour le Québec. Pavant même les chemins d’un Québec plus écologique…

Car dans un contexte marqué par la menace de taxes punitives, l’achat local s’affirme comme un acte de résistance et de soutien permettant à nos PME de continuer à innover, à créer des emplois et à renforcer leur compétitivité, tout en affirmant leur identité face à la pression extérieure. Ce contexte s’avère même une occasion idéale de faire avancer plus rapidement la transition vers une économie circulaire, afin qu’ensemble nous bâtissions la résilience économique du Québec.

https://www.lesaffaires.com/opinions/lachat-local-pourrait-injecter-12g-dans-notre-economie-et-creer-60-000-emplois

La gouvernance de l’IA nous annonce-t-elle un retour en force du multilatéralisme?

La nécessité est la mère de l’invention! Le dicton a la vie dure, alors même que les enjeux environnementaux et climatiques, totalement planétaires, n’ont pas conduit l’approche du multilatéralisme, en matière de relations entre les États, à un haut niveau de confiance et de résultats.

Ils étaient pourtant nombreux, experts et politiciens, à se donner rendez-vous les 10-11 février 2025, à Paris, pour le Sommet pour l’action sur l’IA. Pour travailler, ils ont notamment en main le premier rapport indépendant international sur la sécurité de l’IA. Un important document de réflexion rédigé par une équipe d’une centaine d’experts de plus de 30 pays. Le rapport détaille les données probantes sur les risques du développement « mal encadré » de l’IA.

On cherche aussi à aider les politiciens et législateurs à relever les principaux défis mondiaux reliés à l’IA. Un groupe international d’experts a donc formulé des recommandations de politiques publiques pouvant être mise en œuvre à l’échelle mondiale pour protéger la démocratie ou l’intégrité électoral.


Sommet de Paris:

61 pays s’accordent pour une IA
« ouverte », « inclusive » et « éthique »

On le voit déjà très bien, le développement de l’intelligence artificielle (IA) n’a pas de frontières. Toute approche de gouvernance unilatérale, ou bilatérale (de pays à pays), se frappera à l’inefficacité. Pour atténuer efficacement les risques reliés à l’IA, la communauté internationale doit absolument se concerter et travailler de concert.

HEUREUX RETOUR DU BALANCIER

Si la gouvernance de l’IA annonçait un retour du multilatéralisme en matière de relations internationales, il faudrait parler d’un début de retour du balancier. Ce ne sont certainement pas les premières semaines de la présidence de Donald Trump qui annoncent de belles heures pour le multilatéralisme. C’est tout à fait le contraire.

Mais autant des pays comme le Canada et la France ont un énorme avantage à jouer la carte du multilatéralisme sur la scène internationale. Et MM Trudeau comme Macron, leurs leaders politiques, étaient bien là, à Paris (ainsi que le v-p Vance).

Il n’y a pas que pour le domaine de l’IA que la formule s’impose. Pour l’environnement et le climat, nous l’avons déjà dit. Et il faut remarquer ici que si un décret Trump a fait sortir les USA de l’Accord de Paris sur le climat, le pays n’est pas retiré pour autant de l’organisation des fameuses COP (Conference of parties), lieu d’exercice concret du multilatéralisme en la matière.

Avec quelque 193 États souverains à l’ONU, comment penser une gouvernance mondiale pertinente et efficace autrement que par le chemin du tous ensemble?

Si le multilatéralisme se traduit dès la coopération de trois États au moins dans le but d’instaurer des règles communes, c’est par le nombre des parties prenantes qu’il acquière sa plus grande pertinence. Et ici, il y a surtout l’idée que la coopération rend l’action plus efficace. Plus bel exemple : les problèmes environnementaux qui peuvent dépasser le cadre des frontières étatiques; et dans un tel cas une coopération entre États peut s’avérer plus bénéfique pour tous les acteurs concernés que si ceux-ci agissaient seuls.

En théorie, la complexification des relations internationales contemporaines rend le renforcement du multilatéralisme rien de moins qu’inévitable. Un argument difficilement contestable dans un monde globalisé, où l’interdépendance est élevée, voire toujours croissante. Et aucun État, voire même le plus puissant, ne peut espérer résoudre seul tous les défis auquel il est confronté. Un argument se heurtant pourtant à la réalité d’un système international d’État trop anarchique, qui manque de la confiance et de la bonne volonté essentielles pour régler des problèmes.

Rappelons, finalement, que le multilatéralisme montre plus facilement son efficacité dans le domaine du commerce international, dont il est issu.

Si la gouvernance de l’IA nous annonce un retour du multilatéralisme, il faudrait y voir une bonne nouvelle.

Programme du Sommet | Sommet pour l’action sur l’Intelligence Artificielle